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Les Suspendues - Al Mu'allaqât (GF bilingue t. 1241) Details
Les Suspendues figurent parmi les chefs-d'œuvre de la littérature arabe : composés il y a plus d'un millénaire, au cours du siècle qui a précédé la prédication du prophète de l'islam, ces poèmes doivent leur nom étrange à la légende qui veut qu'ils aient été inscrits en lettres d'or sur des tissus suspendus aux murs de la Ka'ba, à La Mecque.Ces petits joyaux nous transportent dans un monde fascinant et insolite, celui des bédouins de la péninsule Arabique. Ils se font l'écho d'un temps où les poètes étaient à la fois de vaillants combattants - il arrivait qu'une joute poétique tienne lieu de bataille entre deux tribus ! - et des oracles respectés : d'une époque où le courage et la générosité étaient les vertus du preux, avec le goût du vin et l'amour des femmes.Lamentations sur les vestiges du campement déserté par l'aimée et réflexion sur la fuite du temps, périples à dos de chamelle, chasses à la gazelle, évocations érotiques, bravades. Beuveries : tels sont les thèmes qui hantent ces textes fulgurants, dont la splendeur poétique, mille cinq cents ans plus tard, demeure intacte.

Reviews
La découverte de ces chefs-d'oeuvre de la poésie arabe a été gâchée par une traduction qui manque cruellement de clarté et d'élégance, et qui est parfois même fautive. Je ne parle pas ici de la justesse de la traduction, car je n'ai pas les compétences requises pour l'évaluer ; je ne parle que du résultat final en français. La traduction est très souvent difficile à comprendre en raison d'une syntaxe alambiquée (ex : "Comme avant elle, tu avais coutume de faire / ? Mas'al pour la mère de H'uwayrith et sa voisine, de Rabâb la mère" page 71) et d'une volonté farouche de transcrire les noms propres avec exactitude (ce qui donne lieu à un déferlement d'accents circonflexes et d'apostrophes). En fin de compte, le texte produit ressemble plus à un exercice universitaire qu'à un poème, et c'est bien dommage. Je voulais lire de la poésie, et j'ai souvent eu l'impression de lire une version faite lors d'un examen. Parfois, la traduction contient aussi des fautes de français ("pour la gente bédouine" page 85). Au lieu de faire relire sa traduction par ses voisins (sic ! cf page 63), la traductrice ferait peut-être mieux de s'associer à un poète contemporain capable d'offrir au lecteur francophone un texte aussi poétique que l'original. Cela dit, l'introduction est très bien faite et propose un très beau cours sur les Mu'allaqât, ce qui me laisse penser que l'éditeur est bien meilleur professeur que traducteur.

