Category: Livres,Romans et littérature,Littérature française
? la première personne Details
"Réactionnaire, disent-ils. Le moment m'a donc semblé venu de faire le point et de retracer mon parcours sans faux-fuyants ni complaisance. Il ne s'agit en aucune façon pour moi de rabattre la connaissance sur la confession et de défendre une vérité purement subjective. Je ne choisis pas, à l'heure des comptes, de me retrancher dans la forteresse imprenable de l'autobiographie. Je joue cartes sur table, je dis d'où je parle, mais je ne dis pas pour autant : "A chacun sa vision des choses". Le vrai que je cherche, encore et toujours, est le vrai du réel : son élucidation reste à mes yeux prioritaire. Cependant, comme l'a écrit Kierkegaard : "Penser est une chose, exister dans ce qu'on pense est autre chose". C'est cet "autre chose" que j'ai voulu mettre au clair en écrivant, une fois n'est pas coutume, à la première personne". Alain Finkielkraut.

Reviews
Ce petit ouvrage constitue une brillante synthèse du parcours intellectuel (mais où les passions ne sont pas absentes) de A. Finkielkraut, de ses débuts soixante-huitards à nos jours. En ce sens, il ne s'agit pas ici d'une autobiographie, mais bien d'un vade-mecum de la manière de penser son époque, qui ouvre des portes sur les penseurs fétiches de l'auteur, comme M. Kundera, ou P. Roth, et bien d'autres (nombreuses références en fin d'ouvrage). Au fil des pages se construit devant nous, comme un sculpteur fait émerger la forme du pétrissement de la pâte, une théorie de la civilisation européenne et française, car "nous n'avons pas d'autre façon de nous habiller" (L. Werth). L'auteur réfute la confusion régnante, et "l'empire dévastateur de l'esprit de la technique", et achève sa démonstration par un vibrant hommage envers la conversation civique qu'exige la pratique démocratique. Etudiant, on exigea de nous la lecture de "la défaite de la pensée", et ce qui nous paru à l'époque un peu surjoué, nous paraît aujourd'hui l'expression d'une prescience extraordinaire - d'où le vrai modernisme de celui que les Tartuffes social-étatistes français traitent de réac à longueur d'ondes.

